À l’occasion du 69ème Sommet de la CEDEAO à Freetown, le mouvement citoyen « Tournons La Page Guinée » (TLP) a officiellement remis ce jeudi 16 juillet 2026 un mémorandum à la Représentation Résidente de l’organisation pour dénoncer l’inaction et la répression ciblée sous le régime de transition du général Mamadi Doumbouya, alors que plus de 35 disparitions forcées ont été recensées.
La société civile guinéenne brise le silence et exige des comptes. Par la voix de son coordinateur national Alseny Farinta Camara, le mouvement Tournons La Page Guinée (TLP) a transmis aux chefs d’État ouest-africains un rapport accablant. Ce plaidoyer intervient dans un contexte de répression systématique des voix dissidentes en République de Guinée.
L’organisation a documenté au moins 35 cas de disparitions forcées. Les profils des victimes illustrent le caractère indiscriminé de cette dérive sécuritaire : quatre enfants de moins de 16 ans, une femme et un aîné de 76 ans sont actuellement portés disparus sans qu’aucune enquête officielle ni communication responsable n’ait été initiée par Conakry à ce jour. Les familles, plongées dans l’inquiétude, sont réduites à un silence terrifié par les autorités de transition.
Cette situation ravive un traumatisme national profond et rappelle d’autres disparitions majeures. C’est notamment le cas pour Oumar Sylla (Foniké Menguè, FNDC) et Mamadou Billo Bah (TLP-Guinée), deux figures phares de la contestation citoyenne, enlevés par les forces spéciales et la gendarmerie le 9 juillet 2024 à Conakry et dont on est sans nouvelles depuis deux ans. Pour TLP, cette série d’enlèvements ciblés s’inscrit dans une logique historique qui évoque les dérives d’époques très sombres de l’histoire du pays.
Face à cette chape de plomb, la société civile dénonce un refus d’ouvrir le dialogue, citant par exemple l’annulation récente, à la demande expresse de Conakry, d’une Table Ronde Internationale qui devait se tenir à Dakar pour aborder précisément cette thématique des disparitions forcées.
Invoquant le Protocole de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, les signataires rappellent aux dirigeants de la sous-région que le sort de ces citoyens n’est pas une simple « affaire intérieure ». Ils demandent d’urgence à l’organisation d’interpeller fermement Conakry pour exiger un bilan transparent, de dépêcher une mission indépendante d’établissement des faits et de garantir la protection et le droit d’asile aux militants et journalistes contraints à l’exil.













