L’opposition guinéenne a repris lundi le contact avec le gouvernement dominé par l’armée après des mois d’absence de dialogue faisant craindre une montée des tensions, a déclaré un correspondant de l’AFP.
La réunion ne semble pas avoir dissipé la profonde méfiance de l’opposition envers la junte au pouvoir, encore renforcée par l’arrestation d’un de ses membres samedi.
Des représentants des Forces vives, une coalition des principaux partis, syndicats et organisations non gouvernementales, ont accepté de rencontrer le Premier ministre Bernard Goumou sous les auspices des chefs religieux.

L’un des intercesseurs, Jean Boston Bangoura, de l’Église anglicane, a admis aux journalistes qu’il s’agissait d’un « contact ».
La Guinée est gouvernée depuis 2021 par une junte qui a pris le pouvoir à la faveur d’un des putschs que l’Afrique de l’Ouest a connu depuis août 2020. Les militaires ont accepté sous la pression internationale de céder la place aux civils élus d’ici fin 2024, le temps d’emporter de profondes réformes, disent-ils.
L’opposition a été confrontée à l’arrestation d’un certain nombre de ses dirigeants sous la junte et au lancement de poursuites judiciaires contre d’autres. La junte a interdit toutes les manifestations et vient de menacer d’interdire les fêtes.
L’opposition refuse de dialoguer dans les conditions fixées par la junte, qu’elle accuse de confisquer le pouvoir.
Elle a cependant accepté, après l’intervention des autorités religieuses, de reporter à mercredi prochain une manifestation initialement prévue la semaine dernière. Dans un pays habitué à la violence politique, une précédente journée de mobilisation mi-février avait provoqué des affrontements qui avaient fait trois morts.
L’opposition n’a pas communiqué après le meeting de lundi sur le maintien ou le report de la mobilisation de mercredi.
Abdoulaye Barry, dirigeant syndical et membre des Forces vives, a toutefois déclaré à l’AFP que « si la junte prenait au sérieux la démarche des religieux, elle n’arrêterait pas l’un des acteurs majeurs des Forces vives ».
Abdoul Sacko, membre des Forces vives, a été interpellé samedi par les gendarmes apparemment en dehors de toute procédure et, selon son avocat, sans motivation. Il a été libéré mais convoqué à nouveau lundi. Joint par l’AFP, il a rapporté que les gendarmes l’avaient interrogé sur son implication dans l’organisation de manifestations interdites.
De nouveau libéré, il doit retourner chez les gendarmes vendredi.













